Gertrude tu m'frustres Quand tu jactes faut qu'j'm'accroche Gertrude tu m'frustres Parc'que ton choix d'mots moches Est rustre
Naan j'aime bien
Mais c'qui m'frappe dans ton groupe
Outre la gratte au plectre
C'est qu'ta rhétorique souffre
D'un grave manque de concret
D'une lacune de clarté
Parc'que les r'frains qu'tu crées
Sont âpres à prononcer
Tu respectes la métrique
Mais c'est pas très gracieux
Ton lexique éclectique
Est cruellement rugueux
Le trombone atrophié
Et la crécelle en teck
C'est p't'être une bonne idée
Mais ça rattrape pas l'textre
Gertrude tu m'brusques Quand tu m'dragues j'dirais presque Qui faudrait qu'tu débusques Un laïus moins grotesque Mois moche (enfin... plus joli quoi)
Naan j't'aime bien
Mais le truc quand on flirte
C'est qu't'es trop castratrice
C'que tu rétorques me heurte
J'suis pas comme ces scabreux
Que tu trouves superbes
Sans vouloir êt' grav'leux
T'aimes les glabres J'suis imberbre
A chaque fois qu't'ouvres la bouche
Pour décrypter j'décroches
C'est truffé de mots louches
Et farci d'anicroches
J'crois pas qu'tu sois idiote
Mais j'voudrais bien qu'un jour
Tout c'qui sorte de ta glotte
N'soit pas qu'des tue-l'amour
Gertrude tu m'frustres Crois-en la crainte d'un proche Gertrude, tu m'frustres Parc'que ton choix d'mots moches Est rustre
A force de te fréquenter
J'constate que j'ai contracté
Ta parlemalite aggravée
Qui me fait mal artriculer
Et pour peu qu'on discute
Les badauds stricts scrutent
Craignant l’étrange rythme
De nos doux borborygmes
Si parfois nos parcours bifurquent
Toi au hammam moi au bain turc
J'rêve de t'emm'ner en excursion
Bourlinguons crapahutons
Vers là où nos tics pittoresques
Ne s'raient pas taxés de burlesques
Et dans une étreinte gargantuesque...
Puisque, parc'que, lorsque, presque...
Le silence...
Le silence Gertrude...
R. Havet/G. Farley (09/12)
